Aillant en quelques mots

Aillant connecté en 4 G !

Tout finit par arriver !! La téléphonie mobile de quatrième génération arrive chez nous. Avec un relais 4G dans la commune, nous pourrons avoir un accès de qualité aux communications vocales, aux SMS, aux transmissions de données, et même à notre messagerie Internet. Enfin ne rêvons pas trop, les débits offerts ne seront pas ceux de la place de la Concorde mais pour Aillant il s’agit d’un réel changement. En ce qui concerne Internet, nous avons déjà la chance d’être en très haut débit à Aillant depuis 2013 … un confort que beaucoup de communes n’ont pas encore et qui est complété maintenant, pour nous, par un réseau moderne de téléphonie.

A titre d’information, sur ce site de la commune vous pouvez voir sur la carte que même les communes voisines pourront profiter partiellement de cette couverture supplémentaire.

Gardons à l’esprit que nous venons de faire un pas vers la 5 G, qui sera une révolution dans les communications, plus au profit des entreprises que des particuliers.

Je termine par une remarque très importante : les études de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et du milieu scientifique n’ont pas mis en évidence d’incidence du rayonnement sur la santé. Il convient de noter d’une part, que le rayonnement de l’antenne est beaucoup moins important que celui du smartphone que tout un chacun a dans sa poche et que, d’autre part, le rayonnement de ce téléphone va diminuer d’un facteur important dès la mise en service de cette antenne relais en raison de sa proximité.

Jean-Pierre Chapuis

1er Adjoint au Maire 

 

Eoliennes à Aillant sur Milleron ?

Contexte : un promoteur de parcs éoliens a sollicité la commune pour conduire une étude de faisabilité de l’implantation d’éoliennes sur son domaine.

Toute réponse à cette sollicitation demande une réflexion préalable, notamment sur la finalité réelle de ce projet mais également sur ses conséquences à court et long terme, avant d’aborder la situation précise d’Aillant sur Milleron.

  • Transition ?

La première question à se poser est celle de la transition énergétique : doit-on privilégier, voire imposer de nouvelles sources d’énergie à l’échelle de la planète ? La réponse est évidemment affirmative. Constatant depuis plusieurs années les multiples conséquences catastrophiques de la dégradation des conditions climatiques, il est urgent de freiner le réchauffement et donc de « décarboner nos activités d’Homo Sapiens » en supprimant les émissions de CO².

Pour parvenir à 6% de baisse de CO² par an, c’est-à-dire ce que nous avons eu en 2019 et 2020 aux termes de la loi sur la neutralité, il est nécessaire de remplacer les sources les plus néfastes pour notre atmosphère (charbon, fioul, gaz, lignite…) par des sources d’énergies moins climatiquement polluantes : soleil, vent, biomasse, hydroélectricité, hydrogène, géothermie,… Cette transition est bien indispensable.

  • Et le nucléaire dans cet ensemble ?

La production d’électricité d’origine nucléaire était de 71% en 2019, devant une hydroélectricité qui pesait 11,1%, du thermique à flamme (gaz, fioul et charbon) pour 8%, 6,3% pour le vent, 2,2% pour le solaire et 1,4% pour la biomasse ; l’atome est ainsi dominant en France.

Avec une puissance installée de 135,3 GW (gigawatt : milliard de watts) en 2019 et une production totale d’énergie de 537,7 TWh (terrawatt heure : mille milliards de wattheures), la France a été le premier pays exportateur d’Europe et le premier pays exportateur au monde.

  • Malgré ces performances mondiales, la France dispose ainsi de l’énergie la moins carbonée du monde: les centrales thermiques à flamme (ou thermiques classiques) utilisant du charbon, du gaz naturel ou des dérivés du pétrole comme combustibles, ont représenté 8% de la production d’électricité totale en fin 2019 (43 TWh). Ce point a été souligné par Marjolaine Meynier-Millefert, députée LREM de l’Isère, rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’efficacité de la politique de transition énergétique «Remplacer l’énergie nucléaire par les énergies renouvelables électriques n’a pas d’effet sur la lutte contre le changement climatique », et par François de Rugy : « dans la production d’électricité en France, et sans doute en Europe et dans le monde, le nucléaire peut jouer un rôle puisqu’il présente une production totalement décarbonée». Il convient de noter cependant que le nucléaire émet du CO² du fait de la fabrication des centrales mais sensiblement moins que l’éolien et dans des proportions négligeables par rapport au thermique. Ainsi, comme le signale la Cour des Comptes dans son rapport : « compte tenu de son profil énergétique peu carboné, si la France avait voulu faire de sa politique en faveur des EnR (énergies renouvelables) un levier de lutte contre le réchauffement climatique, elle aurait dû concentrer prioritairement ses efforts sur le secteur des EnR thermiques qui se substituent principalement à des énergies fossiles émissives de CO2. De ce fait, la place consacrée aux énergies renouvelables électriques dans la stratégie française répond à un autre objectif de politique énergétique, consistant à substituer les énergies renouvelables à l’énergie de source nucléaire. »

 Examinons l’éolien.

La France dispose de 8000 éoliennes, représentant une puissance installée de 16,4 GW en 2019 avec un facteur de charge moyen de 24% (puissance produite par rapport à la puissance installée) dont la production, 37 TWh, est voisine de 7% de l’énergie électrique totale produite dans l’année.

Il convient cependant de prendre en compte les particularités de cette source d’énergie : elle est essentiellement variable et intermittente, comme le vent dont elle est issue. Il a été démontré en outre, en France comme en Allemagne, que le foisonnement sur le territoire national et même européen n’est pas efficace : il y a peu de compensation entre plusieurs points de production car le plus souvent les régimes de vent sont très peu différents entre deux centres, fussent-ils distants de plusieurs centaines de kilomètres. Autre particularité de cette génération d’énergie : une éolienne ne peut fonctionner avec des vents faibles (inférieurs à 15 km/h) et doit être arrêtée pour des vents trop forts (supérieurs à 90 km/h) pour éviter d’endommager les pales.

Ajoutons que le photovoltaïque, d’une puissance installée plus réduite et soumise par ailleurs à la variation diurne sur une zone ne couvrant que 1,5 fuseau horaire, ne peut fournir une compensation significative.

A titre d’exemple, si l’on voulait remplacer Fessenheim par des éoliennes, il faudrait en construire 3000 (équivalent au trajet Nice-Perpignan, complété par le tour complet de la Corse !… et pour une fourniture qui ne serait qu’intermittente), ce qui démontre que la stratégie constituant à remplacer la production d’énergie nucléaire par l’éolien ne peut aboutir avec la technologie actuelle.

Ces caractéristiques entraînent de lourdes conséquences sur la stabilité du réseau et sa réponse à la demande du consommateur. A chaque instant, RTE (Réseau de Transport d’Electricité), le distributeur, doit s’assurer de l’équilibre entre la production et la consommation, tout en garantissant la stabilité de la tension et de la fréquence de 50 Hz. RTE doit donc adapter son réseau pour qu’il fournisse un courant de caractéristiques constantes d’une part, et d’autre part, qu’il résiste aux variations brutales de l’alimentation par les éoliennes. Ces aménagements ont un coût non négligeable, imputé sur une ligne de la facture du consommateur (CSPE = Contribution au Service Publics d’Electricité, payée par le fournisseur mais répercutée sur la facture du consommateur).

D’autres mesures sont nécessaires pour éviter le blackout du réseau : par suite de la politique de réduction du nombre de centrales nucléaires, en période de faible production et forte consommation, par exemple en régime anticyclonique d’hiver, le réseau fonctionne à un niveau proche de la saturation et la carence de production des éoliennes doit être compensée rapidement par des centrales pilotables.  Excepté les centrales hydrauliques, le seul moyen de production rapidement adaptable est constitué de centrales thermiques. Ce recours aux centrales très polluantes vient augmenter la quantité de CO² produite. Néanmoins, cette production en secours est indispensable pour assurer la sécurité du réseau en raison de l’absence de solution de stockage suffisante en 2021. Le développement et la mise en œuvre de moyens de stockage adaptés au besoin français demandera encore plusieurs années selon RTE.

L’implantation des éoliennes entraîne encore d’autres difficultés, dues à l’encrage de mats de plusieurs centaines de mètres (hauteur totale préconisée dans la région par un promoteur en fin février 2021 : 240 m !) et aux multiples effets induits par leur fonctionnement.

L’ancrage de ces infrastructures demande des fondations importantes, pouvant représenter 1500 tonnes de béton armé, pour lesquelles il faut s’assurer que les sociétés, chargées de la gestion du site, ont pris les mesures conservatoires suffisantes pour procéder, à leurs frais, au démontage total de l’installation en fin de vie (environ 25 ans). A cet effet, le montant total des travaux de remise à l’état initial du site devra être provisionné et géré sur un compte spécifique de la Caisse des Dépôts. Notons à ce sujet que ces sociétés devront prévoir le recyclage complet de l’infrastructure, sachant qu’aujourd’hui il n’existe pas de solution satisfaisante pour le recyclage des pales.

Les inconvénients induits par le fonctionnement des éoliennes sont nombreux.

  • Les infrasons : ces ondes quasi-imperceptibles au départ et à très basse fréquence, sont génératrices de problèmes de santé chez les humains et les animaux, même à plusieurs km.
  • La pollution visuelle : leur implantation près des habitations entraîne immédiatement une perte de la valeur du patrimoine.
  • Le facteur de danger pour l’entraînement des forces aériennes : Ces installations sont incompatibles avec les vols à basse altitude, indispensables pour l’entrainement des pilotes et la mise au point des matériels.
  • La perturbation des radars civils et militaires pour la météorologie et le contrôle de la circulation aérienne et ainsi, sa sécurité.

Pour pallier partiellement quelques inconvénients, il convient d’éloigner le plus possible ces installations des zones habitées. Plusieurs pays européens demandent une distance de 1000m, la médecine préconise 1500m, la France en est encore à 500m ! En ce qui concerne l’éloignement par rapport aux radars, l’Armée de l’Air demande 50 à 70 km.

La mise en œuvre de la production d’électricité éolienne présente d’autres contraintes : la différence entre le prix du marché et le coût de production. Les coûts de production peuvent varier de 60 à 90 €/MWh selon les conditions locales mais le prix du marché est voisin de 45€/MWh.

En vue de soutenir le développement de l’éolien, l’Etat a mis en place un mécanisme de soutien sous plusieurs formes, dont le principe s’applique également au photovoltaïque, l’ensemble se traduisant par un financement d’environ 130 milliards d’euros jusqu’en 2028.

  • De l’éolien à Aillant sur Milleron ?
  • Considérant que la transition énergétique vers une production sans carbone (ou presque), est indispensable pour maintenir les conditions normales de vie humaine, il est évident qu’à son très modeste niveau, la commune souhaite participer à cet effort citoyen national.

Une étude préliminaire de recherche de sites adaptés à l’implantation d’éoliennes fait apparaître, avec un éloignement des habitations de 700 m, seulement 3 sites de taille réduite, permettant l’installation 3 mats au maximum et partiellement intégrés dans une forêt, ce qui ne semble pas compatible.

  • Considérant par ailleurs l’ensemble des inconvénients présentés actuellement par cette technologie et résumés dans le présent document, il apparaît que le virage technologique nécessaire vers une production décarbonée raisonnée ne soit pas encore arrivé à son terme comme le précisent de leur côté les directeurs de l’AIE (Agence Internationale de l’Energie) et de RTE.
  • Considérant en outre qu’Aillant sur Milleron est une commune rurale dont l’agriculture est l’activité principale et qui protège les surfaces cultivables ainsi que la qualité de vie de ses habitants, l’implantation d’éoliennes dans la configuration technologique actuelle n’est pas souhaitable, compte tenu des oppositions locales de plus en plus nombreuses.

Toutefois, la commune peut donner un avis favorable dans l’avenir, si les études de l’AIE et du RTE commanditées par le Ministère de la Transition écologique pour fin 2021, conduisent vers un mix électrique (répartition de la fourniture d’énergie entre tous les moyens de production) à forte proportion d’énergies renouvelables, compatible avec l’environnement local. Cela suppose que, indépendamment des contraintes à gérer par RTE pour l’intégration de productions intermittentes dans son réseau, les nouvelles technologies ne présentent pas les inconvénients principaux évoqués dans le présent document.

La commune considère, en outre, que dans le pays où l’énergie est déjà la plus fortement décarbonée du monde, l’appât du gain ne doit pas être un élément de décision pour accepter des infrastructures incompatibles avec les conditions de vie locales, trop d’élus étant déjà passés devant les tribunaux pour prise illégale d’intérêt.

Une délibération en ce sens a été prise par le conseil municipal le 13 février 2021.

 

 

Jean-Pierre Chapuis

Ingénieur Général de l’Armement (ret.)

1er Adjoint au Maire

 

 

 

**SOURCES : Ademe ; Cour des Comptes ; RTE ; OFATE (Office Franco-Allemand pour la Transition Energétique) ; Eurostat ; DG Trésor …